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Deux tapis de prière du Musée Bargoin

29 Septembre 2008, 22:37pm

Publié par AMA

Parmi les tapis de "la Collection" exposés à l’étage du musée Bargoin au département tapis/arts textiles, des tapis de prière invitent à la contemplation. Originaires de Perse (Iran) ou encore d’Anatolie (Turquie), les compositions, les motifs figuratifs ou stylisés, les formes curvilignes ou géométriques, les couleurs et les matières se répondent.


Les tapis de prière représentent une production significative du monde islamique. Ces tapis allient le pratique et le symbolique en isolant le musulman en prière du sol, considéré comme impur, et en orientant la prière du fidèle vers La Mecque. Les cinq prières quotidiennes, un des cinq piliers de l’Islam(1), sont des prières canoniques composées de formules sacramentelles, sourates du Coran, de gestes et de prosternations qui permettent de se ressourcer et de louer Dieu. Elles peuvent être accomplies là où le fidèle se trouve, sur un tapis ou un simple carton, le corps orienté vers la Kaaba.

Il existe de multiples compositions pour les tapis dits "de prière". Le point commun en est la représentation architecturale du Mihrab dans le champ du tapis qui induit un axe de vision privilégié (à la différence des tapis à médaillons pouvant être vus de tous les côtés). Cette reproduction de la niche décorée inscrite dans le mur qibla de chaque mosquée, mur orienté en direction de La Mecque, symbolise la porte vers l’au-delà, vers le Paradis. Portail du ciel, le Mihrab est un refuge, un lieu sacré qui accueille le fidèle, le met en communication avec le divin et le fait accéder à la connaissance. Durant la prière, le fidèle se lève, s’assied, s’agenouille dans l’arche, le front posé toujours au même endroit sur le sommet de l’arc et les mains appuyées aux angles.

Caractéristique de l’Anatolie depuis le XVe siècle, cette composition à niche architecturée a connu une large diffusion dans tout l’Orient entraînant de multiples variations selon les lieux et les époques. La forme du Mihrab, agrémenté ou non de colonnettes, la présence d’une lampe de mosquée (symbole de la lumière divine), de versets du Coran, d’aiguières servant pour les ablutions rituelles ou la représentation d’autres éléments évoquant le Paradis tels que l’arbre de vie, un vase de fleurs, ainsi que la manière dont ils sont figurés, sont autant d’éléments distinctifs permettant de reconnaître telle ou telle origine.

 

 

 

 

 

Tapis de prière Ghiordès, Anatolie (Turquie), fin XVIIIe siècle.

 

Ce Ghiordès présente une niche trapue et carrée en forme de merdivenli (à degrés) encadrée en partie haute et basse d’une "planche"  rectangulaire ornée de motifs stylisés. Sur le pourtour, une bordure çubukli composée de sept rangs ornés de motifs floraux stylisés symbolise les sept marches qui mènent au paradis. Ces éléments sont typiques de la production de la ville de Ghiordès dont le tapis est originaire. La tonalité verte fait allusion à la couleur du drapeau de l’Islam, emblème du Salut pour tout musulman.

 

Tapis

 

de prière Heriz, Perse (Iran), fin XVIIIe siècle (prêt, collection privée).

 

Ce Heriz composé de la succession d’une multitude de nœuds en soie constituant le velours du tapis propose un décor curviligne figuratif, à la différence du Ghiordès aux formes beaucoup plus géométriques et stylisées. La niche finement découpée, comme bordée d’une dentelle, repose ici sur de fines colonnettes. Une lampe de mosquée très détaillée se détache sur le champ d’un bel orange brillant contrastant avec le bleu nuit de la partie supérieure.

 

 

(1) Les cinq piliers de l’Islam sont constitués de la profession de foi Chahada,c’est-à-dire l'attestation de foi de la croyance en Dieu et de la prophétie de Mahomet (témoigner "qu'il n'y a d'autre dieu que Dieu et que Mouhammad est le Messager de Dieu"), la prière (Salat), le jeûne pendant le mois de Ramadan, l’impôt annuel ou aumône (Zakat) et le pèlerinage à La Mecque (Hajj).

 

 

 


 

   Bibliographie sélective

 

ANQUETIL Jacques, Le grand guide du tapis, Hachette, Paris, 1994.

HUYGHE Edith et François-Bernard, Les routes du tapis, collection découvertes Gallimard – Arts, Gallimard, Paris, 2004.

MILANESI Enza (dir.), Les tapis. Tous les styles des origines à nos jours, éditions Solar, Paris, 1993.

Dictionnaire de l’Islam, religion et civilisation, Encyclopedia Universalis, Albin Michel, Paris, 1997.

 

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Auguste Ricard (1786-1858), de Montferrand à Saint-Petersbourg

25 Mars 2008, 19:23pm

Publié par AMA

Ricard de Montferrand est plutôt méconnu en France et en Auvergne, alors même que c'est à cause de ses origines familiales qu'il a pris ce nom de Montferrand qu'il a "immortalisé", selon le mot du tsar Nicolas Ier.

A travers sa famille montferrandaise, notamment son grand-père Ligier Ricard maçon-entrepreneur-architecte des intendants d'Auvergne, c'est la vie de la cité après son rattachement à Clermont en 1730, que nous découvrons, rythmée par les casernes des régiments de cavalerie.
Mais, Ricard de Montferrand est un personnage extraordinaire au destin exceptionnel. Elève de Percier et Fontaine à Paris, il arrive en Russie en 1816 avec une simple lettre de recommandation. Deux ans après, il sera choisi par Alexandre Ier pour reconstruire la cathédrale Saint-Isaac. Ce sera l'oeuvre de 40 ans de vie. Travailleur acharné, voyageur à travers l'Europe pour trouver les hommes et les matériaux nécessaires à la construction et à la décoration, collectionneur éclairé de sculptures antiques et de majoliques notamment, A. Ricard de Montferrand va nous laisser des livres d'architecture publiés en Russie et en France nous décrivant ses principales œuvres. Il côtoiera les grands et fera de l'Ambassade de France à Saint-Pétersbourg sa petite patrie. Il y connaîtra deux ambassadeurs ayant des attaches particulières avec l'Auvergne, Barante et le duc de Morny.

 

Avant de découvrir in-situ, à Saint-Petersbourg, les réalisations Auguste Ricard-de-Montferrand mort en 1858, l’AM’A invitait Alain GIBERT de l’association « Montferrand Renaissance » pour une conférence le 1er avril 2008.

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Portrait d'A. Blatin ; acquisition 2007-01

19 Juin 2007, 19:51pm

Publié par AMA

« Portrait d'Antoine Blatin »

par Christophe-Thomas DEGEORGE (1786-1854)
(huile sur toile)
 

  


 

L'artiste :
Elève de Jacques-Louis David à Paris, après avoir été celui de Gault de Saint-Germain à Clermont-Ferrand, Thomas Degeorge commence par placer ses pas dans ceux de son maître. Néoclassique, il est donc en premier lieu un peintre d’histoire. Entre 1806 et 1816 il sera d'ailleurs candidat, à plusieurs reprises, au Prix de Rome de peinture avec des oeuvres comme « Ulysse et Télémaque massacrant les prétendants » ou « Oenone refusant de secourir Paris ».

Installé à Paris il se fait également peintre de scènes religieuses, bénéficiant de commandes publiques, parfois obtenues grâce au soutien du Préfet de la Seine, le Comte de Chabrol. 

 

Guère à l’aise pour peindre des foules, il excelle par contre dans la réalisation de portraits pittoresques à la limite de la scène de genre comme la « Petite glaneuse », le « Petit joueur de fifre » ou « le faucheur et la jeune fille ». En 1810, c'était d'ailleurs avec des portraits, ceux des "Dumaniants" , qu'il débute au salon.

 

Après 1837 Thomas Degeorge se retire en Auvergne. Il vit en réalisant les portraits des notables locaux, ou des personnalités de passage, mais confirme aussi son talent comme peintre des scènes rustiques de la Limagne. Le caractère personnel de sa peinture se fait alors plus évident.

 

De l’école néo-classique il a gardé le souci du détail, en particulier dans le traitement des matériaux. Bien qu’il ne soit pas un peintre de paysage, il fait souvent une petite place à ce genre au sein même de ses compositions, à l’arrière plan, parfois dans le cadre d’une fenêtre. Surtout il est de plus en plus attentif au caractère pittoresque de ses sujets s’inscrivant pour partie dans le courant réaliste que Millet et Courbet mettront bientôt à l’honneur.

 

 

oeuvres du même artistes visibles au MARQ :

* "La petite glaneuse" (peinture)

* "Le Faucheur et la jeune fille" (peinture)

* "Portrait de madame Degeorge" (peinture)

 

autres oeuvres du même artistes visibles en des lieux ouverts au public :

* Eglise paroisiale de St Julien de Coppel (F-63) : "Christ au jardin des oliviers"  (peinture)

* Eglise St Jean St François (F-75, Paris IIIe) : "Christ à la colonne" (peinture)

* Maison de Châteaubriand (F-92, Chatenay-Malabry) : "Portrait de Chateaubriand" (peinture)

 

 

 


 

 

Le sujet :

Fils de Claude Antoine Blatin, premier consul de la juridiction consulaire de Clermont-Ferrand,  Antoine Blatin, né le 4 octobre 1769 à Clermont-Ferrand..

Issu d'une vieille famille de marchands et notables clermontois, il devient le premier adjoint au maire de Clermont-Ferrand en 1815. Le 3 avril 1822 il est désigné comme Maire de cette même ville, fonction qu'il occupera jusqu'en 1830.

Elu conseiller général du Puy-de-Dôme en 1827, il le restera jusqu'en 1846.

Il est connu pour avoir lancé la construction du grand ensemble qu'occupe aujourd'hui l'Hôtel de Ville et créé des cours gratuits de sciences, de dessin et d'architecture.

Il décède le 20 février 1846.

 

Dans ce sobre portrait, il est représenté avec les insignes de chevalier de la Légion d'Honneur tenant les registres des comptes communaux de la ville de Clermont-Ferrand.

 

 

 

 

 

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