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Annulation des conférences

13 Mars 2020, 09:44am

Publié par AMA

Les conférences programmées pour le mois de mars par l'AMA sont annulées.

Nous remercions chacun et chacune pour leur compréhension.

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Les conferences passées

21 Septembre 2019, 20:43pm

Publié par AMA

 

10/03/2020 Frapper le fer par

11/02/2020 Fêtes et kermesses au temps des Brueghel par

28/01/2020 La sculpture bourbonnaise entre Moyen-Age et Renaissance

10/12/2019 Les mythologies matérielles de l'Art Brut

03/12/2019 Léonard de Vinci

27/11/2019 Félix Fénéon par Marie-France Lavalade

19/11/2019   L'orientalisme aujourd'hui par Christine PELTRE

09/11/2019   L'Age d'or de la peinture anglaise par Laurence RIVIALE

02/11/2019   Le Greco par Marie France LAVALADE

15/10/2019   Franz Marc / August Macke. L’aventure du Cavalier bleu par Sarah IMATTE

08/09/2019 L'art des années 1950 par Jean-Paul DUPUY

01/10/2019    Courbet, l'art d'être libre par Laurent ABRY

22/09/2019    La peinture en Bourbonnais du XVIe au XVIIIe siècle

09/04/2019    L'art africain : la fonction magique des objets par Marie France LAVALADE

02/04/2019    La collection d’icônes du Petit Palais  par Raphaëlle ZIADÉ

26/03/2019    Les émaux de Limoges par Véronique NOTIN       

19/03/2019    Les Hittites ( Exposition au musée du Louvre)  par Catherine BRENIQUET

12/03/2019    La statuaire publique au XIXe à Paris par Anne Charlotte CATHELINEAU

05/03/2019    Toutânkhamon, le trésor du pharaon par Laurent ABRY

29/01/2019    Sculpture romane en Auvergne par Agnès GUILLAUMONT

11/12/2018    Naissance de la sculpture gothique, Saint-Denis, Paris, Chartres 1135-1150 par Arnaud YBERT

04/12/2018    Les grands crucifix romans d'Auvergne par Pierre MOULIER

20/11/2018    Les influences du japonisme en France par Laurent ABRY

13/11/2018    PICASSO  BLEU ET ROSE  par Marie France LAVALADE

06/11/2018  CARAVAGE et ROME, amis et ennemis par Emilie JEAN

16/10/2018    MIRO, la couleur de mes rêves par Emilie JEAN

09/10/2018    ZAO WOU KI, l'espace est silence par Marie France LAVALADE

02/10/2018    VENISE  au temps de Vivaldi et de Tiepolo par Laurent ABRY

25/09/2018    Les cryptes romanes : de l'archéologie à la liturgie par Christian SAPIN

 

 

 

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Du musée Dubois-Boucher au musée Camillle Claudel

26 Avril 2018, 21:38pm

Publié par Mathilde MAUCHET

Ce texte concerne la deuxième partie de la conférence Du musée Dubois-Boucher au musée Camillle Claudel, ayant eu lieu de 24 avril 2008, et tenue par Cecile Bertran, nouvelle conservatrice du musée Camille Claudel. Il s'agit d'un compte-rendu s'insérant dans une des Unités d'Enseignement du Master 1 Histoire, civilisations et patrimoine, visant à l'ouverture culturelle. Cette conférence, organisée en partenariat avec le Service Université Culture et le département d’histoire de l’art et de l’archéologie de l'Université Clermont Auvergne, répond ainsi à la demande culturelle des étudiants, ainsi que de la population clermontoise.

 

En 2008, le musée Dubois-Boucher, grâce à l'aide de certaines entreprises et de l’État, fait l'acquisition de la collection de Reine-Marie Paris, une descendante de Camille Claudel, ainsi que du plâtre de Persée et la Gorgone. Le musée de Nogent-sur-Seine devient ainsi un des mieux pourvus concernant la sculptrice. Avec cet agrandissement de la collection, une nouvelle ambition s'installe pour le musée. Après une première partie concernant l'histoire de la ville de Nogent-sur-Seine, des sculpteurs qui y ont habité, et du musée en lui même, la deuxième partie de la conférence portait alors sur cette mutation, qui justifiera le changement de nom du musée, passant du musée Dubois-Boucher, au musée Camille Claudel.

Du musée Dubois-Boucher au musée Camillle Claudel

En 2008, le musée Dubois-Boucher, grâce à l'aide de certaines entreprises et de l’État, fait l'acquisition de la collection de Reine-Marie Paris, une descendante de Camille Claudel, ainsi que du plâtre de Persée et la Gorgone. Le musée de Nogent-sur-Seine devient ainsi un des mieux pourvus concernant la sculptrice. Avec cet agrandissement de la collection, une nouvelle ambition s'installe pour le musée. Après une première partie concernant l'histoire de la ville de Nogent-sur-Seine, des sculpteurs qui y ont habité, et du musée en lui même, la deuxième partie de la conférence portait alors sur cette mutation, qui justifiera le changement de nom du musée, passant du musée Dubois-Boucher, au musée Camille Claudel.

Toujours en 2008, la ville de Nogent acquiert la maison d'enfance de Camille Claudel, qui servira de nouveau bâtiment au musée. C'est l'architecte Adelfo Scaranello qui est choisi pour agrandir et restructurer la maison afin de l'adapter pour un musée. Il rajoute ainsi un bâtiment avec un pavement de briques, à la fois pour qu'il soit mieux intégré au tissu urbain, mais également car les briques, qui sont ici faites à la main, rappellent le travail de sculpteur. Les fenêtres sont aussi très nombreuses dans cette galerie ; profitant du matériau qui ne se dégrade pas par la lumière, il laisse donc une importance à la lumière naturelle et fait une liaison entre art intérieur et extérieur. En ce qui concerne la muséographie, le bâtiment contient une quinzaine de salle ; les 10 premières sont consacrées au fonds Dubois-Boucher et les 5 dernières à Camille Claudel.

Le but et la portée du musée ont donc complètement changé, aujourd'hui, l'ambition de la structure est de faire comprendre au mieux la sculpture de l'époque, afin de mieux comprendre Camille Claudel. On explique ainsi les techniques utilisées, et on explique ses relations avec d'autres artistes, il y a une inscription dans sa contemporanéité, afin de pouvoir apprécier ses particularités dans les dernières salles.

Afin de comprendre les choix de muséographie et le parcours pédagogique proposé par le musée plus en détails, la conférence prenait alors en exemple plusieurs salles. La salle n°2 s'intitule « Être sculpteur au XIXème siècle », elle explique ainsi la technique la plus fréquemment utilisée ; celle de la fonte à la cire perdue. Cela permet de comprendre que le travail de sculpture est compliqué et nécessite surtout beaucoup de moyens financiers. Il y a donc besoin d'un commanditaire, riche s'il s'agit d'une grande sculpture. Beaucoup de commandes sont donc faites par l'Etat, aussi car c'est l'époque de la statuomanie, où on peuplait les villes de grands hommes représentés par la sculpture .  Les commandes par l'Etat sont donc un des seuls moyens de réaliser des grands formats.

Du musée Dubois-Boucher au musée Camillle Claudel

 

Dans une des premières salles, on a aussi la thématique du nu féminin. On consacre ainsi une étude sur ce sujet, afin de mieux comprendre par la suite pourquoi il est récurrent chez Camille Claudel. Aux Salons, les nus féminins étaient très populaires. Alfred Boucher en a fait une de ses spécialités, et a créé des nus sensuels, idéalisés, mais posés sur des rochers pour créer un contraste. Il y a donc déjà une recherche et une originalité, mais on compare ensuite avec par exemple la Femme accroupie de Claudel qui contraste vraiment avec toutes les autres sculptures de nus féminins, par son absence d'idéalisation, son modelé, sa position nouvelle. Il y a donc clairement une dissimilitude avec les canons néo-classiques, la position renouvelle vraiment le travail sur le corps. Le travail est proche par contre de celui de Rodin, aussi par l'expressivité du corps, opposé au néoclassique désincarné et sans sentiment. Ici, la douleur est exacerbée par le corps.

La salle n°13 a pour thème le groupe statuaire de La valse. C'est une représentation de deux danseurs nus, très subversive car ce n'est pas un sujet allégorique ou mythologique mais contemporain, donc la nudité dérange. Camille Claudel montre ainsi ici sa liberté d'artiste ; elle voulait que ce soit une commande d'Etat mais le nu empêche cela, le commanditaire accepte à condition que le groupe soit habillé, d'une robe empire et d'un costume. Claudel cède à moitié à cette demande, en ajoutant finalement une draperie mais qui habille seulement le dos et qui n'est pas du tout réaliste, qui est presque un motif abstrait. Cette contrainte finit donc par donner une force décorative et une force du mouvement, qui est très difficile à atteindre en sculpture. Ce groupe statuaire nous montre donc toute la liberté et l'ingéniosité de Camille Claudel. En ce qui concerne le mouvement, le musée présente un peu avant dans le parcours, dans la salle n° 10.1, le corps en mouvement. On peut ainsi constater comment les autres artistes essayent de le créer dans leurs œuvres, et mieux apprécier le mouvement de La Valse, par cette draperie mais également par le moment choisi, celui du presque déséquilibre dans la danse. Tout cela donne à la sculpture un caractère tournoyant.

La salle n°12 est intitulée « Camille Claudel, portraitiste ». Dans cette salle on trouve par exemple Jeune romain ou Mon frère datant de 1882, et qui se réfère à la sculpture florentine du XVème siècle. Il y a donc une inspiration similaire à celle de Dubois, qui aimait également beaucoup cette période, mais encore une fois, on peut constater l'originalité des deux artistes qui ne retiennent pas la même chose. Dans cette salle, on peut aussi admirer le buste de Rodin, fait  à la manière de ce dernier. On trouve souvent une ressemblance entre leurs deux œuvres. Dans le parcours du musée on peut voir La vieille Hélène, aux côtés des œuvres de Boucher, et on constate déjà que Claudel va beaucoup plus loin et tente de retranscrire le caractère et la personnalité de son modèle. En cela, cela ressemble à ce que fait Rodin, mais pourtant ils ne se connaissent pas encore. Beaucoup d'artistes entrent dans l'atelier de ce dernier quand il fait La porte de l'Enfer, dont Claudel. Beaucoup ont donc pu apprendre de lui en le voyant travailler, et de nombreux grands sculpteurs du XXème siècle sont ainsi passés par son atelier. Mais ce qui est particulier est qu'aucun ne s'est fait écraser par l'artiste et au contraire, ils ont tous développé une originalité propre. Dans le buste de Rodin, on perçoit cette originalité, par le traitement de la barbe qui est propre à Claudel, d'un aspect non naturaliste et presque abstrait.

La salle n°14 est concentrée autour de L'Âge mûr. C'est à la période où elle se sépare de Rodin, la sculpture date de 1899.  Il ne s'agit pas d'un portrait mais on voit un homme partir avec une vielle femme pendant qu'une jeune le supplie. Or, on sait que Rodin a quitté Camille Claudel pour sa maîtresse plus âgée. Mais, seul le point de départ est biographique et il est vite dépassé. La sculpture représente alors la vanité et la destinée humaine ; nous allons tous vers la vieillesse, dans un mouvement qu'on ne peut empêcher. Dans cette salle, le groupe statuaire donne ainsi le thème du corps vieillissant. Sont alors exposés le Torse de Clotho chauve, une sculpture non réaliste, proposant à notre regard un corps en décomposition, ou la Tête de vieil aveugle chantant. Ce dernier est un thème très nouveau, qui pose la question du regard en sculpture.Enfin, la salle n°15 est nommée « Des croquis d'après nature à Persée et la Gorgone ». Elle expose donc la dernière grande sculpture de Claudel que le musée a acquise. A travers la statue Les Causeuses de 1896, on peut constater sa prise d'indépendance par rapport à Rodin. En effet, avant la rupture, elle était seulement considérée par ses pairs par le prisme de Rodin, après, elle gagne ainsi son indépendance en tant qu'artiste. Dans Les Causeuses,  on constate un grand renouvellement. Le travail est très moderne, elle arrive à créer un espace en sculpture grâce au paravent. C'est un petit format mais qui donne à voir des mouvements extraordinaires, avec une grande expressivité du corps. Claudel s'est inspirée d'une scène dans un train pour cette œuvre, pourtant avec le nu ce n'est plus une scène de genre mais presque une allégorie. Malgré cela, on observe un contraste entre ce nu intemporel, et les chignons très contemporains et datés.

Du musée Dubois-Boucher au musée Camillle Claudel

 

Cette conférence avait donc pour objectif d'expliquer le renouveau du musée, qui a donc changé son nom, de Musée Dubois-Boucher à Musée Camille Claudel. A travers la présentation de l'histoire du musée et de sa rénovation, nous avons pu constater comment et pourquoi le musée avait changé de perspective. Ensuite, par la présentation de quelques salles pour nous faire comprendre le parcours du musée, nous avons pu percevoir les objectifs pédagogiques du musée : comprendre la sculpture de Camille Claudel,  ainsi que les décisions muséographiques prises pour atteindre ce but.

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