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Articles avec #enrichir les musees

Retour sur ... (acquisition 2010/03)

10 Février 2014, 23:01pm

Publié par AMA

Gustave Doré Les saltimbanquesLes saltimbanques, compte parmi les oeuvres les plus emblématiques du Musée d'Art Roger-Quilliot et partira bientôt pour le Musée d'Orsay dans le cadre de l'exposition "Gustave Doré, l'immaginaire au pouvoir".

 

De nombreuses interprétations ont été faîtes concernant ce tableau. La mère, cartomancienne, semble avoir des allures de piéta. Les personnages humains sont pour la plupart rejetés dans un sombre arrière plan.

 

Poignante et tragique, l'oeuvre inspira aussi à l'avocat parisien Amédée Béesau, les vers ci-dessous :

LA CHUTE

Ils avaient adossé leur baraque au vieux mur,
sur la place, à l'endroit d'où, quand le ciel est pur,
on découvre, de loin, les flèches de l'église.

Le vent d'hiver faisait trembler la toile grise
de l'enceinte, et parmi les rares promeneurs,
Tout autour, les enfants, curieux et rôdeurs,
se levaient sur les pieds pour rehausser leur taille,
et par les trous cherchaient à voir, vaille que vaille.

On avait annoncé la clôture à grand bruit
de trombone, de caisse et tout ce qui séduit
la foule, et plusieurs fois promis, faveur unique,
un spectacle nouveau, surprenant, magnifique :
des tours sur une corde élevée à vingt pieds
de haut. Les spectateurs, avec quelques troupiers,
entraient, fumant, chacun déposant sa monnaie.

Hélas ! tous ces gens-là n'avaient l'âme ni gaie
ni triste : on en voyait bâiller nonchalamment ;
D'autres suivaient des yeux avec étonnement
une femme habillée en reine de théâtre,
grande et maigre, au teint mat, d'une pâleur d'albâtre,
cachant ses cheveux noirs sous un bandeau doré ;

Tandis que l'homme, avec son visage cuivré
par le soleil, robuste enfant des races fières,
le col nu, les cheveux retombant en lanières,
paraissait à l'étroit dans son justaucorps blanc.
Il ravivait l'éclat fumeux et vacillant
d'une torche, en fixant, non sans inquiétude,
ce trapèze élevé plus haut que d'habitude,
qui rayait d'un trait noir le ciel gris et glacé.

Tout à coup, du tambour le roulement pressé,
bref et clair, retentit; puis les toiles s'ouvrirent,
et les badauds, ravis, tout au fond découvrirent
un jeune enfant, âgé de douze ans à peu près ;
Il se tenait dans l'ombre, indifférent, auprès
de l'escalier vieilli de la grande voiture,
courbant, en ce moment, sa blonde chevelure
sur la tête d'un chien qu'il caressait encor.

La tunique, où brillaient mille paillettes d'or,
serrait la taille souple et frêle et sans entrave
de ce petit, bien jeune. . . et pourtant déjà grave ;
Un de ces doux enfants qu'on voit par nos chemins,
l'hiver, braver le froid en soufflant dans leurs mains ;
Ils vont. . . insouciants, sans joie et sans patrie,
avec l'étonnement d'une enfance flétrie ;
Car ils apprirent, même avant que de prier,
que l'on doit avant tout, dans leur rude métier,
respecter les messieurs ... et les sergents de ville.

— Le petit s'avança, rougissant et débile,
s'approcha de sa mère et lui parla tout bas,
puis attendit. — Malgré son visible embarras,
la femme fit trois pas au milieu de l'arène,
et prononça ces mots qu'on put saisir à peine :

-" Vous serez de bien bons messieurs, si vous avez
la bonté d'accorder un moment ;. . .tous savez,
la fatigue. . .et puis, c'est si jeune! " L'assistance
accueillit tout d'abord cela par le silence.

Mais une voix bientôt s'écria: "Grand merci !
C'est amusant, du froid qu'il fait, d'attendre ici. . ."
Quand un gros homme, alors, sans bouger de sa place,
a droite, au premier rang, étalant une face
plate et grasse, de tous résuma les désirs ;

— Depuis lors, il a fait fortune dans les cuirs; —
Il promena ses yeux louches sur l'assemblée,
regarda sans pitié la famille troublée,
et puis il dit: " Parbleu! l'on n'est pas exigeant ;
Le mieux est de sortir; mais qu'on rende l'argent,
Voilà tout! " A ce mot, l'enfant leva la tête,
fièrement rejeta le produit de la quête
loin de lui, dégagea ses cheveux de son front,
et lançant son baiser, bondissant sous l'affront,
il partit comme un trait sur la corde tendue.

On put le voir, d'en bas, tout seul dans l'étendue,
et la corde céder sous son poids vacillant ;. . .
Soudain, son petit pas inégal et tremblant
chancelle ;. . .puis il perd l'équilibre,. . .il tournoie
dans le vide et, semblable à quelqu'un qui se noie,
les deux bras en avant, il tombe . . . Oh ! c'est affreux !

La tempe avait frappé deux fois le sol pierreux
Où le caillou perçait la terre froide et dure ;
Un sang pur s'échappait à flots de la blessure,
Empourprant ses cheveux bouclés. A ce moment,
la mère, au ciel poussa comme un rugissement
de rage! . . . — En un clin d'œil, l'enceinte fut déserte.

Elle était là, debout, tenant le corps inerte
et souple de son fils, étendu sur ses bras. . .

Il est de ces douleurs qu'on ne console pas !
Si vous avez perdu ces chers petits qu'on pleure
Toujours, vous comprendrez l'angoisse de cette heure,
les tortures sans nom de ce cœur déchiré.

L'enfant, pâle, semblait, contre son sein serré,
dormir comme autrefois ; et des paupières creuses
de la femme, je vis, grosses, silencieuses,
des larmes qui glissaient sur l'or des oripeaux.

Pour l'homme, il se tenait assis près des tréteaux,
la tête dans ses mains larges et frémissantes,
morne, regardant, près des torches pâlissantes,
briller les quelques sous des badauds dispersés ...

Les ombres de la nuit, bientôt, des cieux glacés
sur ce groupe éploré lentement descendirent,
les bruits de la cité tout là-bas se perdirent,
et l'on n'entendit plus de sanglots . . . que les miens.
— Mon Dieu, prenez pitié des petits bohémiens !

Présenté aux mainteneurs de l'Académie des Jeux Floraux de Toulouse ce poème fut récompensé d'un Souci, le 3 mai 1876 (l'auteur reçu également une Violette d'argent pour son poème La frontière et un autre Souci pour La saisie).
Gustave Doré, illustrateur reconnu, semble avoir apprécié l'hommage que le poête rendait à son tableau. Il réalisa donc une reproduction de cette oeuvre, la dédicaça et l'offrit à l'auteur.
Lorsqu'en 2010 l'occasion se présenta, c'est avec enthousiasme que l'AM'A acheta ce dessin tant au regard de sa qualité d'exécution que de l'histoire de sa réalisation.

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Deux acquisitions pour l'espace Blaise-Pascal du MARQ

27 Mars 2013, 23:01pm

Publié par AMA

En parallèle au Blaise Pascal mathématicien et scientifique évoqué dans le nouvel espace déjà ouvert consacré à l’histoire des sciences au Museum Henri Lecoq, le MARQ  abordera, de son côté, l’aspect littéraire, philosophique et religieux  dans une nouvelle salle qui devrait ouvrir fin mars. Avec la volonté de s’adresser à un large public dont les jeunes générations, et  sans oublier les touristes qui pourront ainsi faire le rapport entre un nom très présent dans la ville et son oeuvre.

 

Seront présentés des portraits, sculptures, appartenant aux collections ou prêtés, dans une exposition permanente qui devrait être renouvelée et enrichie au gré du temps. L’idée est de montrer la permanence et l’extension de la pensée de Pascal jusqu’à nos jours aussi bien à travers la bande dessinée que la peinture contemporaine.

L’Association des Amis des Musées (AMA) de Clermont-Ferrand a eu récemment l’opportunité d’acquérir en salle des ventes, deux ouvrages en lien avec Pascal et vient d’en faire don au musée. Le premier ouvrage est une édition rouennaise de 1643 (date à laquelle il se trouvait à Rouen, avec sa famille) de l’Augustinus de Jansenius; cette édition est remarquable tant par sa typographie que par ses gravures sur bois : bandeaux, culs de lampes et lettrines, à un tel point que les scénographes de l’exposition envisagent de s’en inspirer pour sa présentation. On sait que le jansénisme s’est nourri de l’Augustinus, d’abord au couvent de Port-Royal dont Pascal prit la défense dans les Provinciales. L’autre ouvrage est une édition de 1740 des Pensées, en  « livre de poche » qui devait permettre aux lecteurs de nourrir leur piété quotidienne sous un format pratique.

reception-Jansenius.JPGLa remise de ces acquisitions à Nathalie ROUX, directrice du MARQ a été faite par Michel GANNE président des Amis des musées, dansla salle de documentation du musée en présence de Dominique DESCOTTES, Président du Centre international Blaise Pascal, de Bernard Lescure, membre du Conseil d’administration de l’AMA, et de Frédéric MANUCH, documentaliste.

 

voir le fac-similé de la notice consacrée à l'Augustinus

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Une acquisition pour le Musée Bargoin

12 Mars 2012, 20:58pm

Publié par AMA

Trouiller 001Le 2 mars 2012 une vente aux enchères de livres anciens se tenait à Clermont-Ferrand. L'un d'eux suscita notre curiosité ayant également attiré l’attention de la conservation du Musée Bargoin : le catalogue manuscrit d'un clermontois de la fin du XIXe siècle, collectionneur d'objets antiques.

 

La conservation n'étant pas en mesure de se porter acquéreur de cet ouvrage nous avons été particulièrement heureux de pouvoir l'acheter pour le déposer dans ses collections.

 

Ce manuscrit présente de multiples intérêts. Il est d’abord le reflet du goût d'un collectionneur local, particulièrement attiré par les objets provenant des fouilles réalisées à la proximité immédiate de sa ville de résidence. De plus ce catalogue est documenté puisque Tardieu, en mars 1887, écrivait dans son journal : “M. Cromarias, 59 rue Blatin à Clermont-Ferrand, qui est propriétaire d’une des plus notables maisons de pâtes d’abricots, fruits confits d’Auvergne, possède une remarquable collection d’objets gallo-romains exposés avec goût dans les vitrines de son magasin. C’est un choix parfait qui fait beaucoup d’honneur à ce collectionneur. Mes compliments à M. Cromarias.”

 Dans l’ouvrage acheté les objets sont classés par genre : VERRES (Vases, urnes funéraires et cinéraires, lacrymatoires, vases à parfum, verres à boire, bouteilles, assiettes en partie trouvés dans des tombeaux), POTERIES EN TERRE (lampes, divinités, statuettes., vases en terre grises et noires, amphores, tirelires), BRONZES (lampes, bijoux, statues, armes et outils, clefs, chaînes, disques), FERS (lances, javelots, fers de cheval, éperons, serpes, lames, coffrets, serrures, plombs) ; pierres gravées, sifflets en os et ivoire, etc. Surtout, ils sont soigneusement décrits, avec indications des provenances (certaines pièces auraient pu être soustraites du trésor de Manson que l'on pensait jusque là complet), dates et lieux des découvertes et éventuellement circonstances de revente.Trouiller_000.jpg

 

Si jusque là notre soutien au Musée Bargoin avait surtout été logistique (acquisition d'une vitrine pour les collections de monnaies, financement de moulages, etc), nous sommes aujourd’hui particulièrement heureux d'avoir pu enfin réaliser ce premier don.

 

 

 

télécharger le fac similé de la notice

consacrée au catalogue trouiller

 

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