Articles avec #patrimoine scientifique ou historique

Deux acquisitions pour l'espace Blaise-Pascal du MARQ

27 Mars 2013, 23:01pm

Publié par AMA

En parallèle au Blaise Pascal mathématicien et scientifique évoqué dans le nouvel espace déjà ouvert consacré à l’histoire des sciences au Museum Henri Lecoq, le MARQ  abordera, de son côté, l’aspect littéraire, philosophique et religieux  dans une nouvelle salle qui devrait ouvrir fin mars. Avec la volonté de s’adresser à un large public dont les jeunes générations, et  sans oublier les touristes qui pourront ainsi faire le rapport entre un nom très présent dans la ville et son oeuvre.

 

Seront présentés des portraits, sculptures, appartenant aux collections ou prêtés, dans une exposition permanente qui devrait être renouvelée et enrichie au gré du temps. L’idée est de montrer la permanence et l’extension de la pensée de Pascal jusqu’à nos jours aussi bien à travers la bande dessinée que la peinture contemporaine.

L’Association des Amis des Musées (AMA) de Clermont-Ferrand a eu récemment l’opportunité d’acquérir en salle des ventes, deux ouvrages en lien avec Pascal et vient d’en faire don au musée. Le premier ouvrage est une édition rouennaise de 1643 (date à laquelle il se trouvait à Rouen, avec sa famille) de l’Augustinus de Jansenius; cette édition est remarquable tant par sa typographie que par ses gravures sur bois : bandeaux, culs de lampes et lettrines, à un tel point que les scénographes de l’exposition envisagent de s’en inspirer pour sa présentation. On sait que le jansénisme s’est nourri de l’Augustinus, d’abord au couvent de Port-Royal dont Pascal prit la défense dans les Provinciales. L’autre ouvrage est une édition de 1740 des Pensées, en  « livre de poche » qui devait permettre aux lecteurs de nourrir leur piété quotidienne sous un format pratique.

reception-Jansenius.JPGLa remise de ces acquisitions à Nathalie ROUX, directrice du MARQ a été faite par Michel GANNE président des Amis des musées, dansla salle de documentation du musée en présence de Dominique DESCOTTES, Président du Centre international Blaise Pascal, de Bernard Lescure, membre du Conseil d’administration de l’AMA, et de Frédéric MANUCH, documentaliste.

 

voir le fac-similé de la notice consacrée à l'Augustinus

Voir les commentaires

Une acquisition pour le Musée Bargoin

12 Mars 2012, 20:58pm

Publié par AMA

Trouiller 001Le 2 mars 2012 une vente aux enchères de livres anciens se tenait à Clermont-Ferrand. L'un d'eux suscita notre curiosité ayant également attiré l’attention de la conservation du Musée Bargoin : le catalogue manuscrit d'un clermontois de la fin du XIXe siècle, collectionneur d'objets antiques.

 

La conservation n'étant pas en mesure de se porter acquéreur de cet ouvrage nous avons été particulièrement heureux de pouvoir l'acheter pour le déposer dans ses collections.

 

Ce manuscrit présente de multiples intérêts. Il est d’abord le reflet du goût d'un collectionneur local, particulièrement attiré par les objets provenant des fouilles réalisées à la proximité immédiate de sa ville de résidence. De plus ce catalogue est documenté puisque Tardieu, en mars 1887, écrivait dans son journal : “M. Cromarias, 59 rue Blatin à Clermont-Ferrand, qui est propriétaire d’une des plus notables maisons de pâtes d’abricots, fruits confits d’Auvergne, possède une remarquable collection d’objets gallo-romains exposés avec goût dans les vitrines de son magasin. C’est un choix parfait qui fait beaucoup d’honneur à ce collectionneur. Mes compliments à M. Cromarias.”

 Dans l’ouvrage acheté les objets sont classés par genre : VERRES (Vases, urnes funéraires et cinéraires, lacrymatoires, vases à parfum, verres à boire, bouteilles, assiettes en partie trouvés dans des tombeaux), POTERIES EN TERRE (lampes, divinités, statuettes., vases en terre grises et noires, amphores, tirelires), BRONZES (lampes, bijoux, statues, armes et outils, clefs, chaînes, disques), FERS (lances, javelots, fers de cheval, éperons, serpes, lames, coffrets, serrures, plombs) ; pierres gravées, sifflets en os et ivoire, etc. Surtout, ils sont soigneusement décrits, avec indications des provenances (certaines pièces auraient pu être soustraites du trésor de Manson que l'on pensait jusque là complet), dates et lieux des découvertes et éventuellement circonstances de revente.Trouiller_000.jpg

 

Si jusque là notre soutien au Musée Bargoin avait surtout été logistique (acquisition d'une vitrine pour les collections de monnaies, financement de moulages, etc), nous sommes aujourd’hui particulièrement heureux d'avoir pu enfin réaliser ce premier don.

 

 

 

télécharger le fac similé de la notice

consacrée au catalogue trouiller

 

Voir les commentaires

La collection macologique d'Henri Lecoq

6 Juin 2010, 22:57pm

Publié par AMA

article publié dans la

Lettre de l'AM'A n°20,

Clermont-Ferrand, 2009

- voir le fac-similé

 

La collection de mollusques d’Henri Lecoq compte plus de 100 000 spécimens et présente un grand intérêt scientifique et  historique.  Elle fut classée, déterminée et étudiée dans les années 1860 – 1870 par Armand Marie Paulin Ducros de Saint-Germain, collaborateur d’Henri Lecoq  chargé des collections  zoologiques. Les spécimens collés sur des cartons, sur lesquels sont écrits la détermination du mollusque, le lieu de collecte et le collecteur, sont disposés dans des tiroirs rangés selon leur systématique.

Persuadé des théories transformistes comme Henri Lecoq, Ducros de Saint-Germain classa cette collection en « séries pour l’étude des âges, des variétés et des influences locales »

afin de mettre en évidence «  l’évolution éternelle de la forme, de la mutabilité de l’espèce… ». C’est pour cette raison qu’il existe parfois des dizaines d’individus pour une même espèce.

Cette collection regroupe les cinq classes de mollusques : gastéropodes, bivalves, céphalopodes, scaphopodes et polyplacophores, provenant du monde entier.

 

Historique de la collection

Elle est formée de la réunion de plusieurs collections acquises par Henri Lecoq par dons, achats ou échanges. Lecoq n’était pas malacologue, mais il avait déjà un certain nombre de coquilles lorsqu’il se décida d’enrichir sa collection personnelle.

Dans les années 1840-1850, il avait collecté des gastéropodes terrestres dans les Pyrénées, la région bordelaise, les Alpes, le Gard, la Lozère, la Corse et la Suisse. Il s’intéressa à l’Escargot de Corse et publia une «  Note sur les mœurs de l’Helix tristis » en 1851 dans les Annales  scientifiques, littéraires et industrielles de l’Auvergne. Cette espèce d’escargot est aujourd’hui classée « en danger critique d’extinction » ; ce mollusque ne vit qu’en Corse où sa répartition se restreint aujourd’hui à  6 hectares.  Henri Lecoq publia aussi une « Note sur les accouplements adultérins de quelques mollusques » dans les Annales  scientifiques, littéraires et industrielles de l’Auvergne en1852.

Cette collection possède des spécimens collectés à Ajaccio en 1850 par le célèbre entomologiste Jean-Henri Fabre avec qui Lecoq avait échangé des coquilles.

 

P1010872Collaborateur de Moquin-Tandon de l’Institut au grand ouvrage des Mollusques de France  publié en 1855, Ducros de Saint-Germain donna à Henri Lecoq sa propre collection  constituée de mollusques continentaux provenant principalement de France. Il s’intéressa plus particulièrement au groupe des olives, mollusques gastéropodes de l’Indo-Pacifique.

 

A cet ensemble vinrent s’ajouter de nombreux échanges provenant de toute l’Europe.  

Puis vinrent les achats de la collection du capitaine Michel de Toulon et de celle de Pierre-Louis Duclos, éminent malacologue de la première moitié du XIXe siècle. Les spécimens de la collection Michel proviennent essentiellement du bassin méditerranéen, quant à ceux de la collection Duclos, ils proviennent de tous les continents et de toutes les mers du globe.


P1010879[1]Cette dernière collection est très riche et compte 80 000 spécimens environ. Tous les groupes des mollusques y sont présents : gastéropodes marins et continentaux (murex, cyprées, cônes, olives, pourpres, escargots, etc.), bivalves marins et continentaux (pecten, tellines, moules d’eau douce, etc.), céphalopodes (nautiles, argonautes, etc.), scaphopodes (dentales) et polyplacophores (chitons). Henri Lecoq acheta cette collection à une vente aux enchères le 3 avril 1854 à son domicile, 24, rue Montholon à Paris, après le décès de Duclos.

Pierre-Louis Duclos (1783-1853) s’était constitué une importante collection par des achats à divers collectionneurs européens. Elève de J.B. de Lamarck, il était membre de la Société des Sciences Naturelles de France et de la Société de Géologie de France. Il publia la description de 273 espèces de mollusques nouvellement découvertes : pourpres, cônes, olives, colombelles, strombes, etc. à partir des coquilles présentes dans sa collection.

 

Restauration et inventaire de la collection

Une restauration et un inventaire papier ont débuté en 2002. Aucun travail antérieur n’avait été réalisé depuis sa constitution. Un inventaire ancien peu précis a été réalisé en 1880.

La restauration consiste en un nettoyage, plus exactement un dépoussiérage à sec à l’aide d’une gomme en latex. Cartons et coquilles retrouvent ainsi leur éclat et leur couleur cachés sous une poussière de plus de 150 ans ! Les coquilles sont recollées avec de la gomme arabique soluble à l’eau.

Photo-002.jpgUn inventaire papier est alors réalisé sous forme de tableau où sont notés : la détermination antérieure, la détermination actuelle quand elle est réalisable, le nom commun, le numéro d’inventaire, le lieu de collecte, la date de collecte, le collecteur, le nombre de spécimens s’il s’agit de lot, le lieu de conservation et une dernière colonne est destinée à recueillir toutes les informations manuscrites qui peuvent être mentionnées au dos du carton.

Ensuite, a lieu un travail de conditionnement et de saisie informatique des données. Les cartons et coquilles sont disposés dans des sacs en polyéthylène pour assurer une conservation optimale et les informations sont saisies sur un logiciel de gestion des collections d’histoire naturelle. Parallèlement, une photographie des spécimens est effectuée. Les spécimens sont disposés dans les tiroirs dans l’ordre d’origine. Une feuille de papier de soie recouvre l’ensemble pour une ultime protection.

 

Etude en cours et intérêt scientifique de la collection

Une étude biographique sur Duclos a été entamée à partir de documents d’archives recherchés à l’Académie des Sciences de Paris, au Muséum National d’histoire naturelle et aux Archives de Paris pour mieux connaître la personne et l’œuvre  de ce malacologue.

Renfermant des types (spécimens de référence qui ont servi à la description de nouvelles espèces), la collection de Duclos fait l’objet depuis 2006 d’une recherche approfondie afin de repérer ces spécimens qui présentent un grand intérêt scientifique. Ceux-ci n’étant pas reconnaissables parmi les autres spécimens de la collection, sont identifiés à partir de la bibliographie originale afin d’accéder aux descriptions et figurations faites par Duclos.

De plus, l’étude de la bibliographie récente nous a renseignés sur la présence de types des espèces de Duclos dans les collections de malacologie du Muséum National d’histoire naturelle de Paris. L’objectif final est donc de réaliser l’inventaire et de valider tous les types de Duclos, travail qui sera suivi d’une publication destinée à la communauté scientifique.


P1010892Cette collection est aussi très riche de par l’importance des origines de ses spécimens puisque les espèces continentales proviennent d’Europe, d’Amérique, d’Asie ou bien d’Afrique, et les espèces marines, de l’océan Atlantique ou de l’Indo-Pacifique. Ces informations concernant les lieux de collecte sont en général annotées sur les cartons où sont collés les spécimens, critère indispensable au statut de collection scientifique. Le nombre des espèces présentes est également très important.

Plus de 60 collecteurs ont été recensés jusqu’à ce jour, parmi lesquels des scientifiques et malacologues de renom. L’étude en cours prévoit une recherche plus approfondie sur les  spécimens récoltés, qui compte tenu de leur origine, présentent un intérêt historique.

Enfin cette collection renferme aussi des espèces disparues ou rares. 

Pour toutes ces raisons, cette collection présente un grand intérêt scientifique.

 

Marie-Françoise Faure

Directrice-adjointe et responsable des collections zoologiques, Muséum Henri-Lecoq

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 > >>